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Forum ECOSOCC-Afrique de l’Ouest : 33 ans après, la société civile veut passer des idées aux leviers

13 octobre 2026

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13 octobre 2026

En marge de la 89ᵉ Session ordinaire de la CADHP, AfricTivistes, WADEMOS et WACSI ont réuni ce mardi 13 octobre à Dakar le Forum national sur l’opérationnalisation de l’ECOSOCC-Afrique de l’Ouest, avec le soutien de Open Society Foundations. Organisations de la société civile, experts et jeunes ont fait le point sur un Conseil prévu depuis 1993 mais jamais mis en place, et sur les moyens de le rendre enfin opérationnel. 

Un Conseil prévu depuis 33 ans

Le Traité révisé de la CEDEAO de 1993 prévoit un Conseil économique et social chargé de donner aux acteurs non étatiques une place dans les décisions régionales : société civile, secteur privé, syndicats, universitaires. Trois décennies plus tard, il n’existe toujours pas. En mars 2026, des experts des États membres se sont réunis à Accra pour examiner son cadre institutionnel, sa feuille de route et son budget.

Abdou Aziz Cissé, chargé de plaidoyer à AfricTivistes, a présenté ce cadre aux participants : ce qu’est le Conseil, et pourquoi il compte pour les citoyens.

Identifier les freins, activer les leviers

En ouvrant le forum, Cheikh Fall, président de AfricTivistes, a appelé la société civile à regarder en face les raisons de ce retard : « Il urge de se mirer et de questionner les freins qui ont retardé, trois décennies durant, les idées de fédération de l’action citoyenne auprès de nos organisations d’intégration régionale. »

Pour lui, le Conseil existe déjà dans les faits, à travers l’expertise que des organisations comme WACSI, WADEMOS ou AfricTivistes apportent à la CEDEAO. L’enjeu est désormais de l’institutionnaliser : « Il faut aller au-delà des idées ; il faut identifier les leviers d’opérationnalisation de celles-ci. »

D’une « CEDEAO des États » à une « CEDEAO des peuples »

Paul Osei-Kuffour, coordinateur du réseau WADEMOS, a rappelé que les défis de la région dépassent les frontières, des violations des droits humains aux coups d’État. Pour lui, l’enjeu est de passer d’une « CEDEAO des États » à une « CEDEAO des peuples ». “ECOSOCC is thought to strengthen our regional engagement as civil society”, a-t-il souligné : l’ECOSOCC est pensé pour renforcer l’engagement régional de la société civile.

Il voit dans la conjoncture actuelle une opportunité. Depuis juillet 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye préside la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO. Depuis septembre, le Général Birame Diop, ancien ministre sénégalais des Forces armées, est à la tête de sa Commission. Il s’est aussi réjoui de la présence de nombreux jeunes autour de la table, signe que l’avenir de la région se prépare dès aujourd’hui.

Il a ensuite présenté la campagne de WADEMOS pour l’opérationnalisation du Conseil. 

Des espaces de dialogue pour les citoyens

Ibrahima Kane, avocat et défenseur des droits de l’homme, a rappelé que la CEDEAO, qui a célébré ses 50 ans, traverse une période de fragilité. Pour lui, « il faut aux OSC et aux citoyens des plateformes d’interactions régionales et sous-régionales ; c’est nécessaire ! » Il a ajouté : « Penser un cadre ECOSOCC, c’est mettre en interrogation comment la CEDEAO reflète fidèlement les attentes, intentions et aspirations des citoyens ! » Il a aussi invité les jeunes à repenser le rapport à l’autre, pour retrouver une Afrique faite pour tous.

Franklin Oduro, de TrustAfrica, a insisté sur la nécessité que les citoyens se sentent partie prenante du système.

Le numérique, levier de participation

Pour David Sohou, directeur des opérations de CitizenLab, le Conseil devra tenir ses promesses en matière d’inclusion : « Nous pensons que la réussite de l’ECOSOCC-CEDEAO dépendra de sa capacité à garantir une représentation inclusive et redevable de la société civile, à articuler les mécanismes de dialogue existants et à assurer une réelle prise en compte des contributions citoyennes dans les décisions régionales. »

Il voit dans le numérique un moyen d’y parvenir : « Le numérique constitue un levier stratégique pour élargir cette participation au-delà des rencontres physiques, faciliter la remontée des préoccupations et le suivi des propositions, afin de construire un Conseil accessible, connecté aux réalités des populations et capable de rapprocher durablement les citoyens des institutions régionales. »

Pour rappel

Ce forum est la première des trois rencontres que AfricTivistes co-organise en marge de la session, présentées dans notre article de lancement. Elles prolongent la consultation citoyenne panafricaine de AfricTivistes, dont les cinq préoccupations majeures ont été présentées dans notre article sur l’ouverture de la session.

  • Le jeudi 15 octobre, une rencontre sur la protection des jeunes femmes au sein des mouvements sociaux, avec AWLF, Demos Kratos et AfricanDefenders.
  • Le vendredi 16 octobre, une rencontre sur l’espace civique sous pression au Sahel et en Afrique de l’Ouest, avec WACSI et RFLD, avec l’appui de EU SEE.

Ces activités s’inscrivent dans le Plan stratégique 2025-2029 de AfricTivistes et prolongent sa consultation citoyenne.

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